10/01/2007

10/01/07 - 17:13

L’inquiétante “rupture tranquille” de Monsieur Sarkozy

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Introduction par Eric Besson

L’inquiétante rupture tranquille de Monsieur Sarkozy.

La France est elle prête à voter en 2007 pour un néo-conservateur américain à passeport français ? Les partisans du candidat de l’UMP jugeront la question provocatrice et y verront, à l’approche, de l’élection présidentielle, une caricature injuste, exacerbée par l’approche de l’élection présidentielle.
Alors, convenons-en d’emblée. Nicolas Sarkozy sera, pour la gauche, un adversaire redoutable même si son palmarès électoral est bien moins riche qu’on ne l’imagine.
L’homme ne manque ni d’idées, ni de force de conviction, ni de capacité de séduction. Son énergie, son culot, son aplomb, son ambition, sa soif inextinguible de reconnaissance sociale et de pouvoir, sa résistance à l’adversité sont légendaires.
Son supposé « parler vrai » (parfois son parler crû mais lorsque Sarkozy est grossier, il dit parler comme les Français), son sens de la formule, son insolence étonnamment juvénile en font un « bon client » pour les média audiovisuels.
Avec Nicolas Sarkozy, ils capteront toujours un mot, une image, un clin d’œil, une provocation pour le sacro-saint « 20 heures ».
Orfèvre en communication méthodique et parfois impudique, l’homme a, de plus, su draper son implacable et froide quête du pouvoir dans une toge glamour (Nicolas-la-star-amie-des-stars y compris de celles dont l’exemplarité est discutable) sans laquelle il ne saurait –nous dit-on- y avoir de « saga politique » digne de ce nom.
Ce « sarko-show » est une arme de dissimulation massive, car celui qui ne cesse de prétendre vouloir « être jugé sur ses résultats » n’a pas son pareil pour masquer les piètres bilans de son action. Ceux d’un médiocre ministre de l’économie et des finances ou ceux d’un ministre de l’Intérieur survolté mais peu efficace : les violences faites aux personnes n’auront cessé d’augmenter en dépit de ses communiqués triomphants.
Mais l’échec n’atteint que rarement notre héros. Le plus souvent parce qu’il le noie dans le mouvement perpétuel : chaque fois qu’il se trouve en difficulté ou se voit obligé de se justifier de son action, le candidat de l’UMP se saisit d’un fait divers pour enfiler la combinaison qu’un Le Pen laisse parfois au vestiaire de « celui qui dit tout haut ce que les Français pensent tout bas ». Un jugement à l’emporte-pièce, une provocation suivie d’une polémique, le tout conclu par un sondage qui démontrerait que Sarkozy a les élites contre lui mais le peuple avec lui et le tour est généralement joué.
En cas de nécessité, si provocation et écran de fumée ne suffisent pas, Nicolas Sarkozy actionne le parachute de secours, celui de la défausse. Car celui qui se décrit comme un pieux catholique n’aime rien tant que battre sa coulpe sur la poitrine des autres : il n’est, par essence, jamais responsable. Ses erreurs, ses échecs ? C’est toujours la faute des autres. Non à Voltaire, rarement cité, mais à Chirac, à Raffarin, à Villepin etc, cibles sarkozyennes dont on se gardera cependant ici de prendre la défense véhémente. Ou en dernier ressort la faute aux juges. Glissements progressifs du volontarisme du Ministre de l’Intérieur. En 2002, il suffisait de lui donner les rênes de la police et de le laisser libre de mettre en œuvre une répression salutaire pour que l’insécurité soit enrayée. En 2006, le Ministre de l’Intérieur confesse son impuissance : son action remarquable est entravée par le laxisme des juges. Une seule conclusion s’impose : la vraie vie, celle de Nicolas Sarkozy bien sûr, mais aussi celle de la France, ne commencera qu’après son accession à l’Elysée. Ce document a le grand défaut de s’intéresser encore à la « France d’avant », celle où Nicolas Sarkozy peut encore être jugé sur ses actes et sur ses intentions déclarées, alors que lui ne se consacre plus qu’à la « France d’après », celle d’après le sacre selon lui annoncé.
Concurrent redoutable, donc, mais aussi respectable, citant ses sources d’inspiration, assumant jusqu’à l’automne 2006 tout à la fois son ambition et sa volonté de « rupture » avec un modèle français supposé exsangue, qu’il n’a cessé de caricaturer pour mieux le vilipender.
Le fait qu’au moment d’entrer en campagne électorale, lucide quant aux craintes que son tempérament et son improbable oxymore de « rupture tranquille » fait naître, Monsieur Sarkozy ait choisi de brouiller les pistes et de s’adresser à la « France qui souffre » ne doit pas faire illusion. L’infléchissement des discours indique seulement qu’après avoir été, avec l’appui (qui l’eût dit !) de François Fillon le fossoyeur du gaullisme social, le candidat de l’UMP s’est attaché provisoirement la plume –au demeurant talentueuse- d’un Henri Guaino que l’on avait déjà connu ardant dénonciateur de la « fracture sociale » en 1995. Le vernis ne tiendra pas. Car l’homme qui se dit pragmatique est d’abord un idéologue.
Respecter Nicolas Sarkozy, c’est se frotter à ses mots, à ses concepts, à leurs racines. L’homme n’est avare ni de discours, ni d’écrits. L’explorateur devra d’abord débroussailler l’accessoire : une littérature abondante consacrée au culte de soi, caractéristique d’un ego largement plus dilaté que la moyenne déjà élevée de ceux des hommes politiques ; il ne se laissera pas davantage abuser par ses revirements tactiques : le « pragmatisme sarkozyen » se nourrit de revirements spectaculaires comme en témoigne son reniement dans le dossier de la fusion Suez-GDF : après avoir s’être très solennellement engagé à ce que l’Etat ne privatise jamais GDF, le prétendant de la droite à l’Elysée n’aura pas attendu deux ans pour se révéler parjure !
Il nous faudra donc prendre Nicolas Sarkozy aux mots, aux idées, sans jamais nous livrer à des attaques personnelles –ce document n’en contient pas- et nous écartant des caricatures réductrices : « Sarko-facho » est un slogan à la fois stupide et contre-productif, car s’il est un danger pour une certaine conception de la République française laïque et sociale, Sarkozy n’est pas un danger pour la démocratie française en dépit d’une relation aussi « amicale » qu’intéressée et exigeante avec les propriétaires des grands médias français et d’une conception très particulière de la fonction ministérielle : Sarkozy n’a-t-il pas justifié auprès de ses proches au printemps 2004 son retour au Ministère de l’Intérieur par souci de se protéger des attaques … de sa propre famille politique en vue de sa future campagne présidentielle ?
Disons le clairement : le procès objectif que l’on peut instruire contre l’idéologue engagé en politique qu’est Nicolas Sarkozy est suffisamment lourd et digne de débats passionnés pour qu’il ne soit besoin de l’affubler –et l’affaiblir- de fantasmes ou de procès d’intention.
Ce que cet ouvrage cherche à démontrer est que non seulement, ne lui en déplaise, Nicolas Sarkozy est bien « libéral, atlantiste et communautariste » mais qu’il est devenu une sorte de filiale française de la Bush Cie, un néo-conservateur américain à passeport français.
Libéral, il l’est assurément depuis toujours et profondément. Mais contrairement à la légende qu’il entretient le candidat ne l’assume pas franchement et préfère se retrancher derrière des mythes.
Plutôt que de dire explicitement qu’il souhaite revenir sur la durée légale du travail et remettre en cause le droit du travail, Nicolas Sarkozy préférera affirmer qu’il souhaite, par exemple, que « celui qui veut travailler plus et gagner plus puisse le faire ». Ce qui, pris au pied de la lettre signifie que ce ne serait plus le chef d’entreprise mais le salarié qui fixerait son temps de travail ou que tout salarié à temps partiel serait en droit d’exiger de travailler à plein temps ! Sarkozy-le-libéral sait que la France ne l’est pas. Ou plus exactement il a tiré de l’expérience de la campagne présidentielle de Balladur en 1995 la conviction que le libéralisme pur ne pourrait jamais concerner plus d’une dizaine de pourcents d’électeurs.
Le libéralisme de Sarkozy s’est donc mué en libéralisme « populaire ». A Georges W. Bush, Nicolas Sarkozy ne s’est pas contenté d’emprunter les slogans ou la mise en scène (ah, cette intronisation du président de l’UMP avec un décor calqué sur celui de la campagne de
Bush …). Il lui a pris la méthode : « parler des problèmes des gens », à défaut d’avoir la moindre idée de la façon de les résoudre. Se servir des mots pour prétendre panser les maux. Décrire ce que l’on est incapable de guérir. Diagnostic claironné …, inefficacité à moitié pardonnée. Ainsi, en 2003, l’éphémère Ministre de l’Economie et des Finances se targue t-il de prendre en charge la « menace des délocalisations » et de répondre à l’angoisse -réelle- des Français. Un plan de « relocalisations » est annoncé en grande pompe, il n’aura aucun effet, l’emploi industriel restera le grand perdant de la législature mais peu lui chaut : Nicolas Sarkozy estime qu’il a « préempté le débat » et que les Français savent désormais qu’avec lui les délocalisations trouveront à qui parler …
A « W », le très libéral Nicolas Sarkozy aura aussi emprunté l’obsession de la fin de l’impôt progressif. L’emballage paraît toujours frappé au coin du bon sens : « éviter la fuite des capitaux » pour démanteler l’impôt de solidarité sur la fortune dont la suppression est pourtant étrangement absente du programme de l’UMP, « permettre à ceux qui travaillent d’en tirer les fruits » pour porter une réduction de l’impôt sur le revenu qui n’aura pleinement profité qu’aux 10 % des Français les plus aisés, accéder au vœu des Français de « transmettre leur patrimoine à leurs enfants à la fin d’une vie de labeur » pour mettre en œuvre la réforme de la taxation des donations et successions la plus inégalitaire jamais conçue !
Le libéralisme de Nicolas Sarkozy n’est ni la facette la plus originale -tous les libéraux du monde tiennent son discours- ni la plus inquiétante : on plaidera volontiers qu’une démocratie moderne a besoin de deux pôles, libéral-conservateur d’un côté, réformiste-progressiste de l’autre et que Nicolas Sarkozy, en dépit de ses faux-semblants partiels a le mérite de redessiner une ligne de clivage claire entre la droite et la gauche sur le plan économique et social.
Son atlantisme forcené, sa très grande complaisance pour ne pas dire sa fascination à l’égard de la politique extérieure de Georges Bush sont autrement plus graves.
N’acceptons pas l’écran de fumée que dresse « Sarkozy l’américain », formule qu’il revendique et dont il s’est dit « fier » lors de deux voyages aux Etats-Unis, en 2004 et en 2006.
Sarkozy se veut « l’ami des américains ». Pourquoi pas ? Qui se voudrait « l’ennemi des américains » ? Qui n’éprouve de la reconnaissance pour l’engagement qui fut le leur pour nous délivrer du joug nazi ? Qui refuse de lutter contre le terrorisme ? Qui n’est pas orphelin des Twin Towers ? Qui échappe à la dialectique attirance-rejet que suscite en chacun de nous un « American way of life » dont nous avons appris à connaître la grandeur autant que les servitudes ?
Mais ce qui pose problème, et qui doit faire débat en cette année 2007, c’est l’allégeance aveugle à une politique dite de lutte contre le terrorisme absurde et inefficace dont la guerre en Irak est la plus sanglante illustration.
On verra plus loin que dès 2004 les silences de Sarkozy sur l’intervention américaine en Irak autant que ses déclarations d’amour aussi naïves que déplacées envers « la musique et les films américains » avaient semé de trouble.
Mais ce n’était rien au regard de l’extravagant voyage du Ministre de l’Intérieur en septembre 2006. Le spectacle d’un candidat à la présidentielle supposé issu de la famille gaulliste quémander un rendez-vous dans un bureau attenant à celui du Président des Etats-Unis, dans l’espoir finalement exaucé, de rencontrer quelques minutes le grand homme, lui arracher une photo immortalisant l’instant et l’exhiber comme un trophée est un spectacle pénible pour tout Français nourri au lait de la « grandeur de la France » et de son « message universel ». Mais entendre un candidat majeur à la Présidence de la République critiquer aux Etats-Unis la politique étrangère -en l’espèce justifiée- et « l’arrogance » de son pays est proprement insupportable.
Tous les journalistes américains ont alors souligné la tonalité étonnamment farouchement « pro-américaine » et « pro-Bush » des propos de Monsieur Sarkozy, certains faisant remarquer non sans malice que le Ministre de l’Intérieur français s’était révélé plus ardent défenseur de la politique de Bush que beaucoup de parlementaires républicains eux-mêmes, troublés par les échecs à répétition des initiatives de leur dirigeant sur la scène extérieure, échecs qu’après une sévère défaite électorale Bush lui-même devra reconnaître fin 2006.
Dans une dépêche du 13 septembre 2006, l’AFP rapporte que selon un expert de la Brookings Institution cité par le Washington Post, « Sarkozy a eu le genre de rhétorique que l’on aurait attendu d’un responsable de l’administration Bush » !
Quant au Canard Enchaîné du 20 septembre 2006, il prête à Jacques Chirac -exceptionnellement cité ici- les propos suivants « Sarkozy a multiplié les maladresses aux Etats-Unis. Il s’est totalement aligné sur la politique américaine et sur Bush ( …) Bien loin du gaullisme et même des grandes traditions politiques et diplomatiques françaises ».
Libéral, atlantiste … et, toujours plus grave, communautariste.
C’est une évidence. Nicolas Sarkozy ne croit pas au « modèle républicain » d’intégration. De ses lacunes ou de ses échecs –malheureusement incontestables- il veut profiter pour non pas réformer ce « modèle », pour le rendre plus efficace, mais pour le démanteler. On verra plus loin, citations précises à l’appui, en dépit de ses dénégations récentes que le modèle que le patron de l’UMP a en tête est communautariste et confessionnel.
De ce point de vue le bilan du « ministre en charge des cultes » est lourd de menaces pour l’avenir : non content de mettre à mal la loi de 1905 et les fondements de la « laïcité à la française », Nicolas Sarkozy aura pactisé avec les islamistes de l’UOIF, favorisé l’ascension médiatique de Tarik Ramadan, fait preuve d’une étrange bienveillance à l’égard des sectes allant jusqu’à recevoir en grande pompe l’un des prosélytes le plus célèbre de l’église de Scientologie, l’acteur Tom Cruise.
Coupables écarts ! Erreurs isolées ? Non. Nicolas Sarkozy ne se contente pas de se livrer à un cynique marketing confessionnel à visée électorale. Comme Georges Bush, son action est théorisée : il compte sur les religions, toutes les religions y compris « fondamentalistes » et souvent « intégristes » pour réguler la vie en société, encadrer les jeunes et ramener l’ordre dans les quartiers.
On verra donc, tout au long des chapitres qui suivent où est la vraie source d’inspiration du candidat Sarkozy.
Elle n’est pas, ce serait respectable, authentiquement libérale (le libéralisme de Sarkozy empreinte à Hayek ou Friedman, pas à Tocqueville ou Aron). Elle enterre le gaullisme autant que l’héritage laïque et républicain.
La vraie Bible de Nicolas Sarkozy réside dans la pensée néo-conservatrice américaine.
Son vrai modèle ? Georges W Bush.
Plusieurs journalistes français ayant accompagné le Ministre de l’Intérieur aux Etats-Unis en septembre 2006, ont raconté l’anecdote suivante. On demande à Nicolas Sarkozy en quoi il se différencie de Georges Bush. La réponse fuse, mélange d’humour à l’américaine, de fausse modestie et de provocation : « il a été élu deux fois Président. Moi pas ».
Il s’agit certes, d’une boutade. Révélatrice, cependant. Spontanément, Nicolas Sarkozy ne voit rien qui le distingue de Georges Bush. Sauf que l’un a gagné deux fois une élection présidentielle. Et l’autre pas. Pas encore ? Nous voilà prévenus …

Eric Besson

commentaires

10/01/07 - 17:15

Pas lu, mais si c'est du Eric Besson, c'est bon :°)

10/01/07 - 17:28

Ah ben je viens de lire, c'est une attaque frontale, mais correcte et digne.
Je retiens particulièrement : "« Sarko-facho » est un slogan à la fois stupide et contre-productif, car s’il est un danger pour une certaine conception de la République française laïque et sociale, Sarkozy n’est pas un danger pour la démocratie française" Il serait temps que toute la gauche le comprenne et cesse les amalgames inutiles et inopérants avec Le Pen.

En résume, je n'ai rien appris de nouveau, mais la démonstration est faite que Sarkozy représente un "danger" pour l'équilibre républicain.

10/01/07 - 17:32

Conclusion : voter Royal dès le premier tour.

10/01/07 - 17:37

Moi, je voterai Vert, pas pour Voynet ou son parti de bras cassés, mais pour "nos" enfants et petits enfants. Il faut mettre la pression.

10/01/07 - 17:43

Pffff ! C'est ce que j'ai fait en 2002 ! Résultat ? On le connaît. Royal dès le PREMIER tour !!! Imagine un second tour Sarko/Le Pen. On fait quoi ? On se flingue ?

10/01/07 - 17:48

LOL
Non, parce que ce coup-ci il n'y aura pas dispersion des voix au 1er tour, il n'y aura ni Chévènement, ni Taubira, la candidate socialiste fera le plein de voix, elle devrait arriver à 23%. Il reste de l'espace pour voter pour les Verts.

10/01/07 - 17:50

Ca, c'est que tu crois ou espères. Moi, je ne prendrai pas ce risque, même si mes convictions politiques me portent vers les Verts (tendance Mamère) et si la Mère Royal me devient chaque jour plus insupportable.

10/01/07 - 18:06

Je ne crois pas, j'analyse.

10/01/07 - 18:19

La belle analyse que voilà ! Ne viens pas pleurer ensuite, quand il sera trop tard...

10/01/07 - 18:38

J'ai tout sauf pleurer quand Le Pen et Chirac sont arrivés au 2d tour. Je ne suis pas descendu dans la rue parce que la patrie et la République étaient en danger. Et surtout je me suis abstenu de vote au 2d tour.
Sarkzoy est un mauvais candidat, Royal est une moins mauvaise candidate qui n'évoque jamais le vrai problème de société et même de civilisation qui se pose à nous et à nos descendants, c-à-d l'écologie. Et bien s'il faut se taper 5 ans de Sarkzoy, au regard de l'importance du message que je veux lancer à la classe politique dans son ensemble et à gauche plus particulièrement, je suis prêt à me taper 5 ans ! Ce n'est rien de point de vue des enjeux actuels.
Sarkzoy, ce n'est pas Le Pen.

10/01/07 - 18:41

Puis enfin, je te remercie, j'hésitais encore à voter écolo au 1er tour, et grâce à toi, je me suis décidé à le faire, à moins d'un virage à 180° de Royal dans son approche de l'écologie, et encore.

10/01/07 - 20:16

"Et bien s'il faut se taper 5 ans de Sarkzoy, au regard de l'importance du message que je veux lancer à la classe politique dans son ensemble et à gauche plus particulièrement, je suis prêt à me taper 5 ans ! Ce n'est rien de point de vue des enjeux actuels.

T'as tout compris ! T'as raison, vote écolo, fais-toi plaisir ! Je me doute bien que tu n'étais pas dans la rue pour "lancer ton message à la classe politique" quand Le Pen s'est retrouvé propulsé au second tour grâce à des analystes de ta trempe(mdr) ! Et ce sont des "hommes de gauche" comme toi qui vont nous mettre dix ans de Sarkozysme effréné sur le dos !

10/01/07 - 20:38

Et alors, tu crois que 10 ans de sarkozysme va changer bcp de choses pour la France ? A terme le monde court à la catastrophe, et toi tu nous parles de ton petit confort : pas de sarkozysme effréné, pas de secousses violentes, non laissons-nous endormir par Royal qui n'a aucun discours sur l'écologie. Laissons-les faire tous ces politiques égotiques, plutôt laissons les rien faire, parce que monsieur Pire ne veut pas de Sarkozy à l'Elysée, ça va le déranger pendant sa longue digestion.
Grâce à des vues à court terme comme les tiennes, nos enfants et petits-enfants vivront dans un monde pollué, surchauffé, mais monsieur Pire n'aura pas eu Sarkozy à l'Elysée, il pourra crever l'esprit tranquille et l'inconsience calme.

10/01/07 - 20:45

D'abord, je ne voulais pas écrire quelque chose d'improductif. Par respect pour l'auteur. Ensuite, parce que je crois son raisonnement juste.
Je le défends d'ailleurs ici depuis assez longtemps. Je suis un opposant de l'UMP et son chef le petit Nicolas.
L'UDF est encore considéré pour beaucoup comme un parti de droite classique. Pourtant depuis 11 ans que de chemin parcouru, je dirais presque en catimini (hélas) après le choc les Régionales et de sa séparation douloureuse mais salvatrice de Démocratie Libérale.
Le refus des alliances nauséabondes...
Cette logique est l'inverse de la thèse que nous présente Sarkozy (pour une fois et une seule j'utilise la bonne orthographe).

J'adhère totalement à la quasi intégralité et j'ai hâte de lire ce livre. Pourtant, je ne sais ce que veux dire libéral dans la bouche de l'auteur. Car si Sarkosy est un libéral, il ne l'est Pas à mon sesn. S'il l'est, ce n'est ni comme le sont les libéraux américains ni comme le sont les "néo-libéraux" à la Française emmenés par certains théoriciens économiques et Madelin pour la politique (UMP aujourd'hui).
Non, il est bien pire que cela. Je le pense seulement versatile, plus attaché à l'image qu'il peut renvoyer qu'à la réelle prise de décision comme cela est si bien explicité dans ce préambule. Il n'a pas d'idéal économique. Il ne souhaite que se servir de réactions populistes afin de générer du vent et prendre (comme il a su déjà si bien le faire) des mesurettes teintées de libéralisme mais sincèrement plus opportuniste élective... Comme sa pseudo réforme des successions qui n'en est pas une et qui n'a pas coûté un centime à l'Etat. Pourtant combien de fois en avons nous entendu parler de ces soit disant cadeaux fiscaux.
Non, il ne faisait que de la propagande en vue d'échéances électives. Rien de plus.
De la même façon. Aujourd'hui, il ne souhaite effectivement pas remettre en cause les 35h. Il souhaite que le "bon peuple" affamé lui demande de desserrer l'étau qui l'opprime de la pauvreté. Il sera le libérateur.
Mais de quoi libérera t il les Français ? Ceux d'en bas ? De rien, bien sûr, mais durant cinq ans il leur fera croire qu'il agit en étant constamment présent sur tous les terrains et surtout sur ceux qui ne le concernent pas afin de ne pas connaître de polémique.

Non, cet homme n'est pas dangereux pour la Démocratie. Il est juste mauvais. Très mauvais politicien, mauvais dans l'action et mauvais dans ses choix. Mais il communique et avec des mots que ceux d'en bas comprennent parce qu'ils sont des mots chocs. C'est ça qui est dangereux chez lui. Car dans sa soif de pouvoir non encore assouvie, il est prêt à tout promettre et tout dire et son contraire, pourvu que l'homme de la rue (ou du bistrot) soit content de la clarté avec laquelle il s'est exprimé. un rien de "manger des pommes" allié au grand benêt des Amériques...

Mais qui est l'homme de la rue ?

Et à mon sens, c'est plutôt ça le danger de la démocratie, le second restant l'abstentionnisme.

Ensuite, parce que mon second prénom c'est "fous la merde", le combat politique est une chose monsieur Pire. Vos arguments sont valables. Mais dans une démocratie, toutes les opinions sont louables à compter du moment qu'elles respectent la voie de la démocratie. Et l'attitude de SteveZissou est celle d'un citoyen ordinaire qui contribue au débat politique. Oh ! Bien sûr, on pourrait être tenté tout comme vous le faite de dire que c'est scandaleux de ne pas montrer un front uni derrière Mme Royal. Mais d'abord, est ce à vous de choisir pour les autres pour qui ils doivent voter ? Est ce à vous de considérer qu'un vote écologiste est un vote inutile ?
Je suis surpris de cette réaction. Car pourtant je crois que l'écologie est au centre des problèmes que nous avons au jour d'aujourd'hui.
Et si nous avions une vraie politique écologiste en France de combien d'emplois supplémentaires pourrions nous disposer ? Combien d'économies par ailleurs pourrions effectuer à notre niveau individuel par le développement obligatoire des bio carburants et le développement des industries propres, etc,etc. Bayrou à sa façon avait voulu montrer l'exemple. Mauvaise idée, j'en conviens. Pourtant il avait là un symbole. Et depuis qui utilise vraiment les transports non polluant ? Peu ou pas grand monde... Je ne parle même pas des particuliers, nous sommes des "exclus" du système par le coût fort onéreux et uniquement lié au prix psychologique de tels véhicules.

Non, le vote écologique est un vote utile. Tout comme le vote UDF et le vote communiste et pourquoi pas aussi l'avouer pour le Front National. C'est le jeu de la démocratie. Permettre à toutes les tendances politiques de voir un individu défendre leurs valeurs pour une course pour le sommet de la représentation de l'Etat français.

10/01/07 - 20:48

Et pour conclure, le libéralisme pour moi, c'est ça : http://c

10/01/07 - 21:02

"[La source d'nspiration politique de Sarkozy] n’est pas, ce serait respectable, authentiquement libérale (le libéralisme de Sarkozy empreinte à Hayek ou Friedman, pas à Tocqueville ou Aron). Elle enterre le gaullisme autant que l’héritage laïque et républicain.
La vraie Bible de Nicolas Sarkozy réside dans la pensée néo-conservatrice américaine. Son vrai modèle ? Georges W Bush.


Mon combat politique actuel, c'est ça. Tout faire pour que cet adepte de Bush et sa clique ne s'installent à l'Elysée pour 10 ans. Quant au reste, la catastrophe que tu nous promets, il s'agit d'enjeux planétaires multiples, d'une formidable complexité, que nous ne réglerons pas lors des élections présidentielles. Il serait naïf de le croire.

Enfin, tu ne sais rien de mon petit confort, de ma somnolence militante, de mon inconscience écologique, de mes vues à court terme ni de mon intention sirupeuse de crever l'esprit tranquille. Là encore, tu t'exprimes sur un sujet que tu ne connais pas.

10/01/07 - 21:12

Lemarquis > Je vote Verts depuis des années, mais je dis que la priorité aujourd'hui est d'empêcher Sarkozy de parvenir au pouvoir. Ce que je reproche à Stevezissou, c'est de valider, en utilisant les mêmes arguments, la logique qui nous a conduits à la débâcle de 2002. C'est justement parce que je suis sensible aux thèses écologistes que je ne souhaite pas voir les adeptes d'un libéralisme débridé obtenir les pleins pouvoir dans ce pays.

10/01/07 - 21:23

La débâcle de 2006 n'est pas la mienne, Jospin a fait une campagne merdique, Chevènement et Taubira ne l'ont pas aidé non plus à atteindre le 2d tour, mais même s'il avait atteind le 2d tour aurait-il gagné contre le vieux et usé Chirac, je n'en suis pas sûr.
Royal fait une assez bonne campagne, elle n'aura pas concurrent direct, elle passera le 1er tour.
Le vote écologique est un vote de pression sur la classe politique et sur la gauche en particulier.
Quant à l'argument, ça ne sert à rien de voter écologique, le problème est trop global, bah supprimons la démocratie directe et la Nation, ça sert à rien face à la Chine.
Tu as une vue à court terme, tu es resté dans un clivage du XXème siècle et pour paraphraser le grand écologiste français Jacques Chirac, la maison brûle et tu regardes ailleurs.

10/01/07 - 21:28

"C'est justement parce que je suis sensible aux thèses écologistes que je ne souhaite pas voir les adeptes d'un libéralisme débridé obtenir les pleins pouvoir dans ce pays."=> Qu'est ce que le "libéralisme" ?? Car si vous faites référence aux USA, l'UMP et son programme est tout sauf libéral. Si vous faites référence au Libéralisme à la française, l'UMP et son programme sont tout sauf libéral. Si vous faites référence aux fondamentaux du libéralisme, l'UMP et son programme sont encore très éloignés du libéralisme. Le liberlalisme est une excellente chose. Ce qui est mauvais c'est l'individualisme et le corporatisme qui sont préchi précha défendus par Sarko's band.

L'individu au coeur de la société est aujourd'hui hélas une constante oubliée... et l'écologie est une de ces valeurs que nous oublions

10/01/07 - 23:04

lemarquis : il ne s'agit pas d'oublier l'écologie. Ce n'est pas en favorisant, par des dissensions internes, l'élection de Sarkozy que nous parviendrons à replacer les préoccupations écologiques au centre du débat. Loin s'en faut.
Le libéralisme n'est pas "une excellente chose". C'est un système qui asservit l'homme et qui doit être dompté. Sarkozy est un libéral.

stevezissou, notre parangon de vertu écologique qui s'abstient lorsque Le Pen est au deuximèe tour : cesse de porter sur moi des jugements à l'emporte-pièce. Ton "la maison brûle et tu regardes ailleurs" tombe complètement à côté de la plaque (idem pour tes propos sur la Nation, la démocratie, le XXe siècle et la Chine).

11/01/07 - 00:13

Mon pauvre "vieux" votre vision du libéralisme me fait penser à celle d'une stalinienne en retour de couche... ou en ménopause... Ce dont vous me parlez n'est ni plus ni moins qu'un libéralisme mort et enterré... enfin, bon, je crois que pour communiquer, il faut parler la même langue ce qui est loin d'être le cas.

11/01/07 - 00:49

L'écologie est un rêve contraire au fonctionnement actuel de la société.

Qui parle de décroissance parmi les candidats en lice ?

Tant que les Etats-Unis n'auront pas basculé dans l'esprit de Kyoto, rien ne pourra avancer. Mais peut être sera-t-il trop tard alors.

L'Europe (qui parle de cette entité dans la campagne électorale ?) doit être entraînée par la France sur cette voie du raisonnable et du concret dite du développement durable (expression publicitaire que je suis obligé de reprendre)

11/01/07 - 00:58

pascaldeversailles, vous devriez rejoindre l'UDF, vous êtes "juste à point" ;o)

11/01/07 - 12:06

Pire a de bons gros arguments.

12/01/07 - 18:03

Pour completer cette analyse, il y aussi un ouvrage "Sarkozy un homme de pouvoir" très interessant

12/01/07 - 19:31

Wouah! cela a bien provoqué les correspondants!

1. Sarko veut surtout faire parler de lui. tu tombes donc avec tes deux pieds dans son piège.
2. J'aimerais bien avoir la référence d'un De Gaulle 'social'!
3. On dit bcp 'liveralisme' sans que la majorité de lecteurs saisissent de quoi il s'agit
4. "La campagne". Je ne me rapelle plus quand Sarko n'étais pas en campagne...bien avant de se regarder dans le miroir en se rasant...vers ses 15 ans pt-être. Ca s'apelle l'ambition ou l'obstination.

La campagne officielle durera peu de temps. Publication de liste oficielle de candidats 20 mars. Que les media (j'aime bcp cette forme de pluriel du latin medium) nous lâche les bottes encore 3 mois SVP. Qu'ils commencent à nous donner des vraies informations sur...le monde. N'est-il pas indécent même que EUROPE 1 et EUROPE 2 parlent des mésquineries franco-française au grand dam de leur nom?

5. "d’un médiocre ministre de l’économie et des finances "
demande plus de précisions pour être pris en compte par le lecteur intelligent.
Pas particulièrement fan de Sarko, j'avais plutôt une impression favorable de son passage à Bercy......

6. "Sarkozy actionne le parachute de secours, celui de la défausse."
Sans doute; mais soyons honnête: pour chacun de nous, quand pour la dernière fois avons nous dit "ce n'était pas ma faute"???

7. "Le libéralisme de Sarkozy s’est donc mué en libéralisme « populaire ».
Ca pourrait être vrai..ou pas!

Cc'est le "donc" qui me trouble. Car dans une rigueur de ce style de commentaire on attend la preuve de ce que l'on avance.
Malheureusement, je ne la trouve pas ici.

8.En effet, "éviter la fuite de capitaux", tout en vendant les fonds de réserve français en or pourrait confondre le pauvre esprit d'un humbme citoyen.

9. "Intégristes" encore un terme qui demande une explication appliquée. Je m'estime intègre. Je voudrais tant que mes amis et mes collègues le soient aussi Serais-j'intégriste?

10. Entre Sarko le TROP PLEIN et Ségo la TROP VIDE, les électeurs vont avoir du mal.
Votez écolo!

17/01/07 - 09:53

Moi je ne vote pas

Na na nèreuh

Quelques observations, toutefois :

- Pour l'écologie, la France et l'Europe (pascaldeversailles) : je ne pense pas que la France puisse se permettre de donner des leçons / "entraîner" l'Europe, alors qu'elle est largement à la traîne en matière d'énergies renouvelables, comparée à d'autres pays comme l'Allemagne, la Suède ou le Danemark. Quand bien même le/la prochain(e) président(e) serait très "eco-friendly" (héhé), encore faudrait-il que les résultats concrets soient là avant de pouvoir se poser en exemple

- Sur le libéralisme : "lemarquis", d'accord sur le fait que le programme de l'UMP n'est pas conforme à la doctrine du libéralisme, quelle que soit sa version. Le même reproche pourrait être fait au projet socialiste. En substance, un programme politique ne peut pas être la réalisation d'une doctrine idéologique (qui est une construction abstraite, un rassemblement d'idéaux-types), qui doit toujours être confronté au principe de réalité. Cela dit, si je trouve que "pire" y va un peu fort en disant que le libéralisme asservit l'homme (il faut replacer les choses dans leur contexte historique), je ne suis pas non plus d'accord avec l'assertion "le libéralisme est une excellence chose".

Personnellement, si je devais voter en France, c'est avec beaucoup de résignation et d'agacement que je choisirais Ségolène Royal, le moindre des maux (je préférais largement DSK, lors des primaires du PS, mais bon, qu'y faire...)

- le fait de ne pas être d'accord avec son interlocuteur n'est pas une raison pour se crêper le chignon ou se montrer désobligemment sarcastique. Un peu de courtoisie dans les rapports, c'est ce qui manque cruellement dans les échanges entre les candidats... Des camarades de promo à l'ENA qui se chamaillent comme des mômes dans une cour de récré, ça fait mauvais genre, et donne des envies de distribution de claques :-)

24/04/07 - 20:57

EXCELLENT REQUISITOIRE !!!

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